mercredi 14 novembre 2018

La gazette du mois de septembre-octobre 2018






« LES PETITS POTS (D’) THYM DE CRAVENT »
Et si nos légumes nous racontaient leur vie !

« C’est pour apprendre … » 


 Et ce mois-ci, encore pour comprendre ….
Comprendre l’impact de la sécheresse qui a suivi les précipitations excessives sur les cultures et sur le sol ! 
Et oui, on pourrait penser qu’une bonne douche suivie d’un coup de séchoir respecte l’ordre des choses mais que nenni...
L’été a été très sec à Cravent et encore plus dans les Ardennes et nos légumes ont besoin d’eau pour 
grandir ! 
On peut penser que cette situation de sécheresse est un effet probable du dérèglement climatique par sa grande amplitude et rappelle celle vécue en 1976 dans l’Est de la France. 
Nous avons eu chaud (c’est le cas de le dire …) car sans le forage et l’apport d’eau, nous n’aurions rien eu à nous mettre sous les dents !
Sans forage, pas d’eau, pas de légumes, nada !  
Et nous aurions attendu, après un jeûne forcé, qu’arrivent les curcubitacées (pas facile à dire, famille des courges !), les solanacées (vous avez deviné ? famille des pommes de terre !) et quelques apiacées (bravo si vous savez, famille des carottes !). 
Vous l’avez compris, l’eau est indispensable à la vie, un bien précieux à préserver !
Si l’excès de pluies entraîne l’apparition de maladies, la sécheresse attire les insectes… On n’est jamais tranquille 
Il faut donc sortir le plan « hors sec » et lutter contre les insectes ravageurs. Ils sont légions : la teigne du poireau, la mouche de la carotte, la piéride du chou et la noctuelle défiolatrice (papillon qui se transforme en chenille ravageuse, fallait le savoir !) des légumes feuilles et ils ont d’autres copains …. 
A Cravent, pour protéger les cultures, des filets en maille de différentes tailles sont utilisés avec beaucoup d’efficacité mais cela nécessite du temps de pose et de dépose à chaque désherbage. Et le temps, y’en a jamais assez 😊
Cette méthode choisie par Richard permet de préserver la biodiversité à l’inverse des produits biocidiques utilisés par les grandes exploitations en agriculture biologique, qui évitent les résidus dans la plante et préservent l’eau de la pollution, mais tuent la flaune auxiliaire ...
Et bien, être maraîcher aujourd’hui, c’est un sacré tour de passe passe… entre l’équilibriste et le magicien !!  

« C’est de saison … »


Les pluies abondantes avaient retardé les semis pour l’automne et l’hiver, surtout les carottes et les choux avec pour conséquence un décalage entre la production et l’évènement climatique en cause.
On se souvient que 50 tonnes de compost ont été nécessaire pour pallier le lessivage des sols !
Y’a d’la joie mais du retard ! 
En même temps, la chaleur a permis de limiter les effets du retard pris… enfin une bonne nouvelle ! 

Les carottes semées avec un mois et demi de retard seront moins nombreuses, plus tardives mais de qualité. Il va falloir les savourer !
La quantité des courges (ou… ça commence par un « C » !) récoltées mi-septembre a été importante avec peut-être une présence de sucre plus élevée à cause du climat chaud et sec de l’été… un risque de pourrissure à maîtriser en fin de conservation pour les mois de février et mars selon les variétés…
Du retard pour les raves : céleri rave, radis, betteraves, panais, navets … 
Vous l’avez compris, va falloir être patient 😊



« C’est nouveau … »


Une nouvelle arrivée à Cravent : un engin enfouisseur de pierres ! Il a déjà enfoui des pierres sur une parcelle de presque 4000 m2 avec un amendement de 50% de compost. C’est prêt pour l’année prochaine !
Cela permet de maintenir le sol avec sa structure mais de faciliter le travail en surface. 
Un nouveau « vieux » (c’est possible !) tracteur est  arrivé pour passer sous les serres ! 


                                                                                        
                                                                                        « C’est à suivre … »


Sniff … Yu est partie vers de nouvelles aventures après 5 mois passés à Cravent. Elle s’est occupée toute seule de la production des tomates… celles qu’on attend tout l’hiver, que tout le monde nous envie, qui nous régalent les papilles ! BON VENT ET MERCI !
Ayano est venue pendant 3 semaines, Myrtille a trouvé un emploi et ne vient plus, et Théo est là depuis début septembre pour 3 mois. 
La recherche continue ! 
Dans les travaux à faire, il reste à changer une bâche d’une des serres et réparer celles abimées par la tempête. 





« Les coups de main … »



Encore et toujours bienvenus et nécessaires ! 
Ils ont été nombreux en juin et juillet ! C’est chouette, merci !
Et même en hiver, avec un bonnet, une écharpe et des gants, c’est  possible ! SI, SI !!





Le dicton du mois : Si octobre est chaud, en février, la glace est au carreau !
Au mois prochain !

lundi 20 août 2018



Récoltes à Amagne - fin juillet 2018


Deux filles d'amapienne pendant quatre jours dans le navire d'Amagne. 


Très chaleureusement accueillies chez les Capitaine, arrivées un mardi soir en fourgon, Richard teste en passant à Rethel -fête de sainte Anne- nos aptitudes de chasseur à plomb, dans l'euphorie des néons. Sachant chasser sans son chien, Richard nous rend vainqueur une deuxième fois, d'un ballon bleu ! 

Après cette belle entrée en matière, nous passons du plastique à la terre, en commençant par les oignons. Nous sommes 4 à récolter (Richard, Julien qui finissait ses trois mois de travail à Cravent, ainsi que nous 2).

Bien que peu fans des grosses chaleurs, nous découpons les fanes d'oignons, puis c'est au tour des échalottes de se faire coiffer. Avec quelques mirabelles/prunes fraîches en bouche, nous finissons la journée, accueillies par les fabuleuses gaufres de Monique.

Les deux jours suivants sont aux pommes de terre. Acheminés en remorque, les ouvriers sont plus nombreux et plus locaux. Après une matinée bien remplie en blocs de terre, un festin nous attend, concocté par Monique, accompagné d'un petit cours de jargon ardennais dont voici un échantillon : une cliche, les doillettes, trou de boudine ou encore cutcut. Leurs traductions ne vous seront disponibles qu'en se rendant à Amagne même, accompagnées des récits de souvenirs d'enfance de Max, qui ne manquent pas !

Le deuxième jour, le soleil ne nous donne pas de coup de main : quelques coups de chaleur pour certains, et un terrain plutôt sec. Mais la récolte est agréable en travaillant à plusieurs et en musique, les mains dans la terre et la tête dans les nuages, bien qu'il n'y en ait pas tellement, ramasser les pommes de terre s'allie bien aux rêvasseries. 

Les nombreux plats qui nous attendent ensuite sont savourés, faits de légumes, fruits et viande on ne peut plus local. Avec la joie de découvrir une purée de pommes de terre, tant rêvée à chaque pomme de terre ramassée...

Au plaisir de remettre à dispositions nos services, que ce soit à Cravent ou à Amagne. Encore merci pour ce court séjour. 


Joséphine et Louise


mardi 10 juillet 2018

La gazette du mois de JUIN-JUILLET 2018


« LES PETITS POTS (D’) THYM DE CRAVENT »
Et si nos légumes nous racontaient leur vie !

« C’est pour apprendre … » 

 Et ce mois-ci, plutôt pour comprendre ….
Comprendre l’impact des précipitations excessives sur les cultures et sur le sol et pourquoi nos légumes ont faim d’azote !
Et oui, parce que les légumes aussi ont des fringales ….
Le printemps est le moment de l’année où le sol minéralise les éléments qui constituent sa réserve nutritive dont les graines, pousses puis plantes vont se nourrir pour se développer.
Les pluies abondantes (encore et encore … déjà cet automne et cet hiver) lessivent les sols et emportent en ruisselant les nutriments et notamment l’azote …
L'azote est un élément fondamental pour le développement du végétal ; principal constituant de la chlorophylle et des protéines, il stimule la croissance des plantes.  
Un manque d'azote = plante avec une croissance retardée, des tiges et des feuilles de petit format, les feuilles les plus anciennes qui jaunissent, puis qui tombent ☹ !
Et c’est là que les ennuis commencent … nos légumes sont ch’tis [p'tits] et le sol doit être nourri pour les cultures en place et pour celles à venir !
300ml de purin d’ortie ont été pulvérisés sur les plants de pommes de terre à Amagne comme engrais « coup de fouet » (ce n’est pas une expression spécifique au maraîchage !).
Mais dans toute cette histoire, qui a commencé à nourrir qui ? 😊 



« C’est devant nous … »

Et là, la nature en rajoute une couche … une couche bien dure ! On s’explique : le temps sec, qui a suivi ces pluies abondantes, assèche et durcit le sol gorgé d’eau créant une couche dont l’épaisseur est proportionnelle aux pluies tombées ! 
Et là, il faut des muscles de fer pour sortir les pommes de terre … à la fourche bêche … et ça prend 4 fois plus de temps … à  ces mêmes muscles ! Trop dur ..

Et pour les cultures à venir et gourmandes (et ben oui, même les légumes sont touchés par la gourmandise !) comme celles des poireaux et des choux, il faudrait amender avec du compost mais quelques endroits encore trop humides empêchent le passage du tracteur et de l’épandeur ! A l’heure où ces mots sont écrits (car un léger retard s’est glissé dans cette gazette !) et compte tenu du temps de ces dernières semaines, on peut estimer que le sol est ENFIN TOTALEMENT SEC !


« C’est de saison … »

Pour faire court et synthétique : attaque de mildiou, de la rouille, des maladies fongiques … C’est la guerre …
Nos échalottes ont été touchées par le mildiou contre lequel pas grand-chose à faire. La rammassage est fait par temps sec avec un risque de pourriture important pour les cultures en place puis lors du stockage, ce qui va nécessiter un tri plus minutieux. 
Notre ail a subi l’assaut de la rouille, même combat !
Nos tomates (sous la 1èreserre) avaient les pieds dans l’eau …. Un drain agricole a été mis en place d’un bout à l’autre de la serre pour éviter la stagnation de l’eau … pas de maladies (ouf) mais lessivage du sol tout de même … faut pas toucher à nos tomates … grgrrrrrrr !
Nos concombres arméniens ont du être traités au cuivre avec un risque de perte de la production suite à une attaque de mildiou et maladies fongiques (causées par un champignon). 
Des retards importants sur les mises en place pour ce mois de juin avec de grandes difficultées pour travailler les sols dans de bonnes conditions pour les  carottes, betteraves rouges, panais, poireaux.
Depuis, on a quand même des beaux paniers 😊 !


« C’est à suivre … »

Spéciale dédicace à Yu qui aide à Cravent depuis presque 2 mois avec une grande implication et assure les astreintes seule lorsque Richard n’est pas là. MERCI, MERCI !
Myrtille est encore là jusqu’à mi-juillet.
Julien termine fin juillet comme prévu. 
« Paysan demain » propose habituellement des stagiaires mais pas cette année … 
En septembre, un nouveau salarié est attendu pour un CDD de 3 mois. 



Encore et toujours bienvenus et nécessaires ! 
L’été est le moment où la nature nous donne en abondance des légumes dont il faut s’occuper au quotidien et récolter au moins deux fois par semaine … pensez à venir passer quelques heures de vacances à Cravent ! 



Le dicton du mois : Année de foin, année de r’en (prononcer rien !) 
Au mois prochain !

mercredi 16 mai 2018

La gazette du mois de mai

                           

 
« LES PETITS POTS (D’) THYM DE CRAVENT »
Et si nos légumes nous racontaient leur vie !
 
« C’est pour apprendre … »


Le sens de l’observation, si aiguisé chez nos anciens, reste l’outil naturel d’analyse de la qualité des sols !
On s’explique … Un bon coup d’œil vaut mieux qu’une analyse chimique et biologique !
Il suffit de regarder la taille, la forme et la couleur des plantes potagères. Par exemple, une carotte qui fourche (on a tous vu dans nos paniers 😊) indique un taux d’azote résiduel trop élevé …
Une couleur trop claire de l’avoine, utilisée comme engrais vert, est le résultat du lessivage des éléments nutritifs du sol après les fortes précipitations de cet hiver …
La présence ou la régression de plantes adventices sur une parcelle permet de doser les apports.
Adventice, adventice, c’est quoi ce mot agro comique ?
C’est une plante qui advient spontanément alors qu’on l’a pas invitée, la malpolie ! Par exemple, le liseron va régresser suite à l’arrêt d’un apport azoté si le sol est engorgé !
Les fortes précipitations de cet automne et de cet hiver ont entraîné un lessivage des éléments nutritifs des sols malgré la culture d’engrais verts sur presque un hectare. Cela a nécessité un apport plus important de compost  pour rétablir l’équilibre des  sols.
Ce constat et son remède découlent de ces observables !

lundi 14 mai 2018

Formation du réseau des amap



Samedi 26 mai 2018 (9h30-17h)
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Formation : TOUT COMPRENDRE SUR LE PLAIDOYER
Une formation du Réseau AMAP IdF, Terre de Liens IdF et Amis de la Conf' du cycle "Agir sur mon territoire"
c
Vous souhaitez connaître les outils d'interpellation de vos élu·e·s et de mobilisation citoyenne pour agir sur votre territoire ?
Cette formation s'adresse à celles et ceux désirant s'initier aux techniques du plaidoyer !
Quand : le samedi 26 mai de 9h30 à 17h (accueil à 9h)
Où : locaux de la Confédération Paysanne, 104 Rue Robespierre 93170 Bagnolet
Pour vous y inscrire, c'est ICI !
(inscription obligatoire - la formation est maintenue à partir de 8 inscrits)


Cette formation est co-organisée par l'organisation 6-pm, collectif spécialisé dans le renforcement du plaidoyer associatif et de la concertation entre la société civile et les pouvoirs publics.
Infos pratiques
  • La formation est gratuite et ouverte aux amapien·ne·s des groupes AMAP, paysan·ne·s en AMAP, membres du Réseau AMAP IDF (à jour de leur cotisation 2018), aux membres Terre de Liens et aux adhérent·e·s des Amis de la Confédération Paysanne.
  • Accès en métro : ligne 3 arrêt "Gallieni" et ligne 9 arrêt "Robespierre"
  • Le déjeuner se fera sous la forme d'une auberge espagnole : chacun·e est invité·e à apporter un plat à partager !
Pour toute précision supplémentaire, vous pouvez contacter Johan : johan@amap-idf.org ou au 06 04 65 83 96
Si vous n'êtes pas personnellement intéressé.e ou disponible, n'hésitez pas à transférer largement cette invitation !Attention, les places pour cette formation sont malheureusement limitées à 20 personnes afin d'assurer une certaine cohérence dans la dynamique des animations proposées.